Maïssa est une excellente professeuse

Maïssa est une excellente professeuse

Voilà qui va faire tiquer en salle des professeurs. Mais ce ne sera pas le dernier des mots tiquants.

 Chers collègues et chères collègues, de français notamment, rallions-nous à Honoré de Balzac, François Voltaire, Bernard Cerquiglini, le Haut Conseil à l'Égalité entre les Femmes et les Hommes, Anne Sylvestre, Agnès  de Féo, Éléonore Baude, Éliane Viennot,..
Alors que « une professeure » a été rentré de force dans l'usage, (Comme le Linky dans les logements), la , qui n'est pas née d'hier, survivra (comme le compteur électrique classique). Elle existe depuis longtemps, et en matière de visibilisation des femmes, elle veut aussi se faire entendre, car oralement, même avec un -e muet en finale, professeure, ça se prononce comme au masculin. Sauf si on est de Martigues, c'est vrai... 

ATILF.jpg n.f.  ENSEIGN.  MÉTIER - L (cit.), FEW (9, 430a), GLLF, 1764, Volt. ; TLF, cit. Ampère, 1827 ; Rh. 2, cit. Balzac ; GR[85], ø d.
  *1787 -  «Ma cousine la , persuadée que dans les jeux d'esprit son fils brillait toujours par-dessus tout le monde, a voulu qu'on remplît des bouts rimés, qu'on fît des discours sur huit mots, que chacun écrivît une question sur une carte.»  I. de Charrière, Caliste ou Let. écrites de Lausanne, 86  (J. Labitte, 1845) - TGLF
 

La force du conditionnement est telle que de nombreux enseignants utilisent  une écriture inclusive alors même qu'elle a été condamnée par le ministre. De même l'inepte professeure  est docilement adopté par les enseignants, même quand la logique n'est pas au rendez-vous..

  • Agnès De Féo « On rencontre la même réticence avec professeur qui se féminise (aux forceps) en professeure, sans être marqué à l’oral, alors qu’on devrait utiliser comme chanteuse ou coiffeuse (on ne dit pas chanteure ou coiffeure). était pourtant employé au XVIIIe siècle, et procureuse dès le XVIe, comme l'atteste le lexique des anciens féminins par la Société internationale pour l’étude des femmes de l’Ancien régime (Siefar) ».
  • Éléonore Baude écrit très justement : « On pourrait donc montrer que les noms communs de personnes fonctionnent par alternance de suffixes : -eur, -euse (chanteur, chanteuse ; professeur, ), -ière, -ier (infirmière, infirmier)… et que c’est même parfois plus simple de partir du nom commun féminin (montagnarde) pour savoir comment termine le nom commun masculin (montagnard). » 
  • Bernard Cerquiglini (Le, La ministre est enceinte Seuil 2018) écrit de même : « Faudra-t-il dire aussi demain dans nos débats, sous peine de sanctions, procureure, rapporteure, défenseure, professeure ? L'effroyable sonorité de ces mots n'exprime-t-elle pas assez le martyre que fait subir aux Français l'idéologie de la féminisation à outrance des fonctions, si étrangère à l'une des plus belles langues du monde, forgée par mille ans de civilisation et de culture
  • La Fédération de football continue ainsi à employer des masculins pour sélectionneur et entraîneur, tandis qu'elle opte pour le faux féminin défenseure.
  •  Libé franchit le Rubicon pour ce dernier mot (adoptant défenseuse), mais la rédaction ne le fait pas pour entraîneure, « trop connoté » (qu'elle prononce comment  ? Avec l'accent du Midi ?).  La connotation est dénoncée par Michel Becquembois, rédacteur en chef.  (NdR : en quoi cette connotation est-elle gênante ? Qui la connaît encore en 2026 ?
    Voir Muriel Gilbert, L'entraîneur était une femme.  sur RTL.fr
  • Le journal l'Equipe a hésité : après avoir utilisé défenseure, il emploie désormais défenseuse.
  • (l'Académie française écrivait en 2014  : "elle rejette un esprit de système qui tend à imposer, parfois contre le vœu des intéressées, des formes telles que professeure, recteure, sapeuse-pompière, auteure, ingénieure, procureure, etc., pour ne rien dire de chercheure, qui sont contraires aux règles ordinaires de la dérivation et constituent de véritables .)."

 Bref, il apparaît nettement que cette réforme de l'orthographe, loin d'atteindre son objectif d'égalité, ne réussit par son incohérence qu'à semer le trouble, le désordre, chez les enseignants notamment, mais surtout chez nos pauvres ados ou adulescents lobotomisés par Snapchat et Tik-tok... Cet usage en -eure, créé artificiellement  devient la norme par soumission. Pour une langue vivante, c'est le même mécanisme que les métastases du , comme le dit si bien Alain Borer. Quelques milliers de personnes qui ont accès aux micros, au caméras, aux chaînes des réseaux sociaux, gravent dans toutes les mémoires, simultanément, tous leurs tics, souvent anglomorphes, croyant bien faire, se croyant investies du savoir-écrire et du savoir-dire. Ça me fait tiquer.

Or, depuis notre naissance, notre mémoire enregistre tout ce qui passe et repasse à portée de nos yeux et nos oreilles. Le rabâchage, tant décrié par les pédagogues modernes nous est imposé 24 heures sur 24. Et la pression médiatique, génère la . Le résultat en est-il un progrès de la pensée ? Un enrichissement culturel ?  On le voit même dans les textes de l'Éducation Nationale, on l'entend tous les jours dans les médias !

 Or Professeuse est tout simplement un mot français, banni par la sottise de doctes ignorants et refusé par les « élites ». Oser l'employer est donc un acte politique quasi-héroïque, au risque d'être considéré comme un chimpanzé du présent. 

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Toujours pas convaincu ? Alors voir aussi

Citations contenant  « professeuse » (Google Books)

CNTRL
, subst. fém.,synon.Les seuls visages féminins que je voie, sans compter les , comme on dit ici, sont la femme de mon maître d'allemand et MlleW, fille d'un métaphysicien très-profond (J.-J. Ampère, Corresp.,1827, p.418).[Au Canada] Au primaire, on est instituteur ou institutrice à l'exception des spécialistes qui eux (elles) conservent le nom de professeurs ou (Le Devoir,5 nov. 1983, p.14, col. 5)

Projet Voltaire
Sevigne : « En khâgne, j’ai entendu ma d’allemand me dire que l’erreur était de dire ...»

 Wiktionnaire, le dictionnaire libre
Terme longtemps proscrit par des grammairiens comme Louis-Nicolas Bescherelle[1], est le féminin de professeur recommandé par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Une tentative avortée : https://www.ingenieuses.fr/     

Ingenieuses.jpgBien tenté !

Hélas, le CDEFI n'a pas osé aller au bout de sa démarche libératrice ; il reste incarcéré dans l'écriture inclusive.

Pourtant, par exemple,  les Audacieuses l'ont fait !

Il suffirait juste d'un peu de culot  pour faire entrer dans l'usage une ingénieuse. 

Il suffirait que les mêmes qui ont fait rentrer, par le matracage, la force donc,  le malheureux professeure dans l'usage fassent de même avec ingénieuse. 

J'entends les sempiternelles critiques creuses. j'y réponds :

Une batteuse, c'est une une machine ou une musicienne.
une coiffeuse, c'est un métier ou un meuble.
une chaufeuse, idem
une tricoteuse, c'est un meuble ou un métier
une pointeuse, c'est une métier ou une machine

assembleuse, souffleuse, tireuse, etc.

an

Il faut 30 ans paraît-il pour qu'une réforme de l'orthographe passe dans l'usage (le temps que les vieux meurent.). Trois décennies de désordre donc, alors que d'autres facteurs de création du mystérieux usage s'ajoutent sans cesse avec la complicité mercantile des dictionnaires...  Si encore ces réformes, parfois pertinentes, n'imposaient pas leur lot d'erreurs grossières, 

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La lettre du Figaro Mardi 24 mars 2026 : « Pour finir, Renault sort une version électrique de la mythique Twingo 1. Est-elle à la hauteur de sa prédécesseur (sic) glorieuse à la bouille rieuse ? Bonne journée ! Votre épistolier, Louis Lecomte. »  

(NdR : Monsieur Lecomte a décidément du mal à remplacer une habitude masculine, par un choix conforme aux mécanismes du français (prédécesseuse bien sûr !) On ne lui en voudra pas ; on en veut par contre aux semeurs d'anarchie avec ce suffixe non français pour les noms communs :-eure).

Notre parole reste foncièrement politique, mais nous ne le savons pas : soi je laisse faire sans réagir en répétant tout ce qui passe, soit je parle pour reprendre le contrôle de ma , c'est-à-dire de ma vie ; je parle pour dire Non, j'existe ! Pour ressusciter un mot, le faire s'imprimer dans les mémoires. il suffit...d'oser l'employer. 

Car la liberté est un muscle qu'il faut fortifier, sans coach  entraîneur (les coachs sont plutôt les mouches du coche...). Ce muscle singulièrement atrophié, que les épreuves sportives de masse, en troupeau donc, ne peuvent pas renforcer, ni les institutions défaillantes du pays, ni les enseignants dont l'esprit critique est surtout dans un état ... critique.

J'ajoute donc, , à ma collection de bizarreries, ce mot devenu obus car, bien que parfait, il choque, tordant l'habitude imposée.

Oui l"exercice de la liberté liberté semble par définition bizarre (Brassens : «Les braves gens n'aiment pas que, L'on suive une autre route qu'eux. ».

Avec bienveillance, mon entourage s'est habitué à courriel, texto, vestiaire, penderie, doper, et à tous ces mots que j'emploie effrontément et dépose ici pour les sortir un peu de l'effacement auquel ils sont soumis. Car l'usage, figurez-vous, chacun y contribue. Essayez texto, dans 3 mois quelqu'un de votre entourage l'emploiera.

Dans la même logique, j'aime bien et j'ose aussi ! Et tous ces genres ados qui se croient, en vrai, libres !  Surprise, je parle bien français car tout le monde me comprend encore !


Date de création : 23/03/2026 19:45
Dernière modification : 02/04/2026 03:12
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